Dans ces brefs récits initiatiques, Yi Ch’ŏngjun, le plus grand écrivain sud-coréen, interroge les mystères de la création à travers le prisme de la transmission. Ce processus douloureux croise son désir obsessionnel de faire revivre sa province d’origine, le Chŏlla, si souvent martyrisée au cours des siècles par le reste de la Corée. Il ne s’agit pas pourtant de pédagogie ou de racines, car Yi Ch’ŏngjun n’est pas un écrivain confucianiste, comme tant de ses confrères. Le relais entre les générations n’est pas heureux ni facile, il n’est pas garant de vérité. On est bien davantage dans le registre chamanique, celui qui affleure dans le chant traditionnel p’ansori, sur lequel il s’est si souvent penché. S’il explore ainsi le cirque, le tir à l’arc, la céramique, la peinture et la photographie, c’est pour s’interroger, chaque fois, sur l’étrange façon qu’a un artiste, un créateur ou un artisan de transmettre son savoir à un élève ou à un disciple. Yi Ch’ŏngjun rejoint une ancestrale tradition extrême-orientale qui oppose tout en les liant apprentissage auprès des maîtres et expression individuelle. En le forçant à se poser des questions essentielles ainsi que le fait ici le vieil arbre géant au seuil de la mort, le maître place l’élève dans une temporalité qui le dépasse, celle des générations précédentes, celle des oeuvres qui durent, là où se trouve la source du sens ou de l’interprétation existentielle. Dans ces brefs rcits initiatiques, Yi Ch'ongjun, le plus grand crivain sud-coren, interroge les mystres de la cration travers le prisme de la transmission. Ce processus douloureux croise son dsir obsessionnel de faire revivre sa province d'origine, le Ch'olla, si souvent martyrise au cours des sicles par le reste de la Core. Il ne s'agit pas pourtant de pdagogie ou de racines, car Yi Ch'ongjun n'est pas un crivain confucianiste, comme tant de ses confrres. Le relais entre les gnrations n'est pas heureux ni facile, il n'est pas garant de vrit. On est bien davantage dans le registre chamanique, celui qui affleure dans le chant traditionnel p'ansori, sur lequel il s'est si souvent pench. S'il explore ainsi le cirque, le tir l'arc, la cramique, la peinture et la photographie, c'est pour s'interroger, chaque fois, sur l'trange faon qu'a un artiste, un crateur ou un artisan de transmettre son savoir un lve ou un disciple. Yi Ch'ongjun rejoint une ancestrale tradition extrme-orientale qui oppose tout en les liant apprentissage auprs des matres et expression individuelle. En le forant se poser des questions essentielles ainsi que le fait ici le vieil arbre gant au seuil de la mort, le matre place l'lve dans une temporalit qui le dpasse, celle des gnrations prcdentes, celle des oeuvres qui durent, l o se trouve la source du sens ou de l'interprtation existentielle.